Le Guide Complet Du Staking Sur Cardano

L’objectif de ce guide du staking sur Cardano est de répondre à toutes les questions que l’on peut se poser la première fois qu’on souhaite déléguer ses ADA.

Même si c’est très facile à faire, il est important de bien comprendre les mécanismes derrière. Car bien comprendre le protocole d’une blockchain c’est savoir où l’on place son argent.

Trop de protocoles sont construits rapidement afin de sécuriser (plus ou moins bien) le réseau pour déployer un maximum de smart contracts, de transactions par seconde (TPS)… et ce n’est qu’une fois l’écosystème applicatif construit, qu’on se rend compte que :

  • L’infrastructure ne tient pas
  • La sécurité est douteuse
  • La décentralisation est inexistante

Des projets Defi qui brassent des millions d’euros peuvent alors être développés sur un protocole fragile.

Cardano a pris le parti de construire un protocole solide et sans compromis. Ce protocole s’appelle Ouroboros et est un protocole de consensus en Proof-Of-Stake (POS). Le choix de Cardano de ne faire aucun compromis sur la stabilité, la sécurité, la décentralisation du réseau, mais aussi sur l’ergonomie pour l’utilisateur, a pris beaucoup de temps.

La définition d’un protocole reposant sur des bases scientifiques, sa validation par des pairs puis son développement, sa phase de test et enfin son déploiement a duré jusqu’en 2020. Mais grâce à ces bases solides, Cardano peut maintenant avancer à pas de géants.

Entrons dans le vif du sujet…

Pourquoi le staking ?

Beaucoup de blockchains (Bitcoin, Ethereum…) utilisent un protocole en proof-of-work (POW) pour sécuriser leurs transactions et le réseau. Schématiquement, les « mineurs » font tourner des ordinateurs pour résoudre des équations. Lorsqu’un ordinateur résout l’équation, il crée un block et gagne une récompense pour compenser l’achat/usure de son matériel et l’électricité utilisée.

Ce type de protocole garantit une sécurité maximale. Pour attaquer un réseau, il faudrait donc 51% de la puissance de calcul du réseau et cela reviendrait incroyablement cher, rendant l’opération non rentable.

Mais, en contrepartie, ce type de réseau est couteux à entretenir, car il faut rémunérer suffisamment les mineurs pour qu’ils gardent un intérêt à sécuriser le réseau. Dans les faits, cela se traduit souvent par des frais de transactions élevés et donc un usage impossible au quotidien.

Pour pallier à ce problème est apparu le protocole proof-of-stake (POS) basé sur la théorie des jeux.

Les utilisateurs de la blockchain basée sur un protocole proof-of-stake ont la possibilité de “voter” pour un validateur de block en lui allouant leurs coins. “Alloué” peut avoir un sens différent selon les projets, mais avec Cardano, à aucun moment le validateur de bloc ne peut utiliser les coins comme il l’entend. C’est seulement une preuve que les utilisateurs ont confiance en ce validateur (autrement appelé pool).

Cette confiance est traduite par le protocole comme une preuve de sérieux de la pool et lui permet donc de valider des blocks.

La pool a donc tout intérêt à respecter le protocole ou les utilisateurs vont fuir et la pool se verra incapable de valider d’autres blocks.

En validant des blocks, le protocole récompense la pool qui répartit ensuite cette récompense entre une compensation de son travail et une récompense pour tous les utilisateurs qui lui ont fait confiance.

Ainsi, les pools comme les utilisateurs ont un intérêt à participer à la sécurité du réseau.

Cette présentation du proof-of-stake est générale. Mais comme avec le proof-of-work, il existe de nombreuses façons de concevoir un protocole proof-of-stake, et Cardano a développé le plus sécurisé, décentralisé et surtout convivial pour l’utilisateur. Voyons ça en détail.

Le principe du staking sur Cardano

Le fonctionnement

Le staking sur Cardano est jalonné en différentes étapes dans le temps. Un cycle complet de création de blocks, distributions des récompenses etc… est divisé en unité de temps. Cette unité s’appelle une epoch et dure 5 jours.

Lorsque l’on délègue pour la première fois, il faut savoir que l’on délègue son portefeuille entier. Si l’on veut déléguer à plusieurs pools différentes, il faut donc créer plusieurs wallets et leur attribuer une pool de délégation à chacun.

Attention, déléguer ses ADA à une pool ne diminue en rien la sécurité de son wallet. Celui-ci n’est accessible que par vous, et la pool à qui vous avez délégué n’a aucun pouvoir sur vos ADA.

En déléguant à une pool, vous créez une transaction de 2,17 ada décomposés comme suit :

  • 2 ADA que vous récupèrerez à la fin de votre délégation.
  • 0,17 ADA de frais de transactions qui seront perdus.

Lorsqu’on délègue pour la première fois, on le fait au milieu d’une epoch (qui dure 5 jours pour rappel). L’époch suivante, le protocole photographie quels wallets déléguent à quelles pools. Ensuite, la pool à laquelle on a délégué nos ADA valide un ou plusieurs blocks, déterminant les récompenses (rewards) à venir. L’epoch suivante permet de calculer la répartition des récompenses par pool puis par wallet. Puis durant la dernière epoch du cycle, les rewards sont distribués et on les reçoit directement dans notre wallet. Ces rewards étant déposés dans notre wallet et celui-ci étant connecté à la pool, ils seront automatiquement délégués.

Donc, lorsqu’on délègue pour la première fois, les premiers rewards arriveront sur notre wallet après une période estimée entre 15 et 20 jours (3 epoch). Mais bien sûr, les différentes étapes ont lieu en parallèle à chaque epoch. Donc, une fois qu’on délègue nos ADA et qu’on reçoit nos premières récompenses, il faut s’attendre ensuite à recevoir des récompenses à chaque epoch (tous les 5 jours).

Et lorsqu’on supprime la délégation de son wallet, celui-ci continue à recevoir des récompenses pendant les 3 epoch qui suivent.

Pour résumer : les rewards d’une epoch sont le résultat de la photographie du protocole 3 epoch avant.

schéma récapitulatif du staking sur Cardano

Les avantages du staking sur Cardano

Comme nous avons vu en introduction, afin de sécuriser le réseau, il est nécessaire de récompenser les pools comme les utilisateurs. Sur Cardano, les rewards se situent autour de 5% par an. À l’heure actuelle, on est plutôt autour de 4,7% par an.

Cela peut paraître peu quand on le compare aux rewards des autres blockchains en POS. Seulement, plus les rewards sont élevés, plus il faut s’attendre à des transactions élevées ou à une forte baisse dans les mois/années à venir. Alors certes, certaines blockchains promettent des rendements de staking à plus de 10%. On peut se questionner alors sur la viabilité économique de tels projets, et surtout la plupart bloquent les tokens pendant une période assez variable.

Mais heureusement, staker ses ADA présentent de nombreux avantages :

  • les ADA délégués ne sont jamais bloqués. On peut payer, transférer, donner ses ADA quand on veut. C’est le wallet qui est délégué et le protocole s’occupe de faire la photographie des délégations à chaque epoch. Bref, on fait ce qu’on veut, quand on veut de nos ADA délégués.
  • Il n’y a aucun risque de perdre ses ADA suite à une pool malveillante, car ces dernières ne possèdent pas les clés privées. Déléguer son wallet ne présente donc aucun risque supplémentaire pour son wallet.
  • Il n’y a pas de minimum d’ADA à posséder pour staker. On peut staker 1 ADA (il faut aussi compter les 2,17 de transactions au début). Donc à partir du moment où on possède 3,17 ADA, on peut commencer à staker.

Pour résumer, le staking sur Cardano, c’est :

  • Autour de 5% par an de récompenses
  • Zéro risque pour les ADA délégués
  • Il n’y a pas de minimum d’ADA à posséder
  • Une liberté totale d’utiliser les ADA délégués quand et comme on le souhaite
  • Les récompenses obtenues sont automatiquement déléguées

Bien choisir sa pool de staking sur Cardano

Avant d’aller plus loin, il est important de comprendre qu’une pool qui ne fonctionne pas comme indiqué précédemment ne délègue pas forcément vos ADA sur le réseau Cardano et cela peut donc présenter certains risques.

Ainsi, on voit des exchanges proposer du staking à 7% en bloquant nos ADA plusieurs semaines. Bien qu’ils utilisent le terme, ces exchanges ne font clairement pas du staking sur Cardano. Vu qu’ils possèdent nos clés privées, ces exchanges font ce qu’ils veulent de nos ADA. Ainsi, pendant toute la durée de blocage des coins, ils peuvent les utiliser comme ils le souhaitent et donc prendre plus de risques avec.

De plus, en déléguant de cette manière, on ne participe pas à la sécurité du réseau. Clairement pour quelques pourcentages de récompenses en plus, on ne sert pas le réseau, on bloque ses ADA et on intègre une part de risque totalement inconnue dans l’équation.

Il est donc impératif de déléguer depuis Daedalus, Yoroi, Adalite, Nami, Typhon ou Eternl.

Mais comment choisir sa pool ?

Le Return On Asset (ROA)

C’est le paramètre le plus important. C’est tout simplement le pourcentage annuel moyen de gains d’une pool. En gros, c’est ce qu’elle va nous rapporter au bout d’un an.

Pourquoi ne pas utiliser le ROA de la dernière epoch ?

Tout simplement, car Ouroboros est conçu pour une décentralisation maximale. Ainsi, peu importe la taille de la pool, si celle-ci valide les blocks qui lui sont assignés, elle récompensera ses délégateurs autour de 5%.

Un pool avec plus d’1 million dADA stakés dessus produira des blocks toutes les epoch et aura donc un ROA supérieur à 0% tout le temps.

Une petite pool avec quelques milliers d’ADA de délégués produira des blocks de temps en temps. Il y aura donc des epoch où elle présentera un ROA de 0%. Mais pour les epoch pendant lesquelles elle produira des blocks, cette pool présentera un ROA bien supérieur à 5%.

En fait, tout s’équilibre dans le temps et petites comme grosses pools proposeront des récompenses annuelles autour de 5%.

Pour avoir une idée réelle du pourcentage de récompenses au bout d’un an, il faut donc regarder le ROA moyen sur les 30 derniers jours. Plus ce chiffre est élevé, plus on aura de récompenses.

La saturation d’une pool

Cardano veut privilégier un maximum de pools pour avoir une excellente décentralisation. Le problème, souvent rencontré dans d’autres projets POS, est qu’on se retrouve avec une dizaine de pools qui représentent 80% des coins stakés.

Pour pallier à ce problème, Ouroboros a introduit un paramètre important : la saturation. Ce paramètre évolue dans le temps en fonction des autres paramètres qui régissent le staking.

A l’heure actuelle, une pool est considérée comme saturée si le total des ADA stakés dessus dépasse 64 millions. Au-dessus de ce nombre, les récompenses de la pool diminue. Et plus il y a d’ADA au-dessus de cette limite, plus elles diminuent.

La saturation a pour but de ne pas avoir de pool gigantesque et incite les délégateurs à transférer leurs ADA vers des pools plus modestes inférieures à 64 millions d’ADA délégués.

C’est ce principe qui permet à Cardano d’avoir plusieurs milliers de pools et qui en fait la blockchain POS la plus décentralisée.

Vous l’aurez compris, il faut donc choisir une pool non saturée et/ou qui n’est pas proche de la limite de saturation.

Le pledge

Nous avons ici encore affaire à un paramètre essentiel du consensus Ouroboros. Il est présent dans la formule des récompenses d’une pool. C’est la somme d’ADA que l’opérateur d’une pool met en jeu (Proof-of-stake = preuve d’enjeu). Le protocole incite les opérateurs à miser gros pour prouver à la communauté que leur engagement est total.

Ce paramètre aura de plus en plus d’importance, mais à l’heure actuelle, c’est assez marginal. L’impact sur les récompenses est plutôt faible. Pourtant, il reste quand même un indicateur de l’engagement de l’opérateur de la pool.

Favoriser la décentralisation (ou pas)

Nous avons déjà vu qu’il faut éviter de staker sur les exchanges qui ne font pas réellement du staking sur Cardano. Certains exchanges sont plus respectueux du protocole et ont créé de véritables pools comme tous les autres acteurs.

Vu qu’ils brassent énormément de volume, ils arrivent vite à saturer leurs pools qui deviennent moins intéressantes pour les délégateurs. Ils ouvrent donc une nouvelle pool à chaque fois qu’ils atteignent la saturation.

Ils se retrouvent alors avec pléthore de pools, mais qui appartiennent toutes à la même entité. En déléguant à ces exchanges, on n’œuvre pas du tout à décentralisation du réseau et donc à sa pérennité.

Il vaut donc mieux déléguer à des pools indépendantes.

Les frais d’une pool (ou fees)

Les frais s’appliquent à la récompense totale qu’une pool reçoit après avoir validé des blocks lors d’une epoch. Une fois les frais déduits, les récompenses restantes sont réparties entre les délégateurs.

Dans les faits, la différence des frais d’une pool n’a quasiment aucun impact sur le ROA.

Donc ce n’est pas la peine de chercher à déléguer à la pool qui a le moins de frais, vous ne verrez pas réellement de différence en fin d’année.

En plus, la plupart des pools proposent des frais fixes à 340 ADA.

Par contre, lorsqu’on choisit sa pool, il faut surtout faire attention à ce que les frais soient fixes. Ainsi, vous évitez le risque de déléguer vos ADA sur une pool qui annonce 340 ADA de frais puis qui, par la suite, multiplie ses frais par 10.

Donc plus que la valeur des frais, il faut s’assurer que ces derniers soient fixes.

Soutenir un projet particulier

Beaucoup d’opérateurs de pools sont engagés dans des projets annexes. Certains ouvrent à promouvoir Cardano, à faire des dons à des associations, à financer un projet à venir…

Étant donné que si une pool n’est pas saturée et que son opérateur maîtrise la partie technique, vous gagnerez autour de 5% quelle que soit la pool ; il est intéressant de déléguer vos ADA à une pool alignée avec vos valeurs.

Vous trouverez l’ensemble des pools tenues par la communauté francophone sur cette page.

À vous de faire votre choix ; et toujours depuis votre wallet Daedalus, Yoroi, Adalite, Nami ou Etnrl !

Depuis ces wallets, vous pouvez obtenir la plupart des informations que nous venons d’aborder. Ainsi, les paramètre ROA sur 30 jours et le ROA lifetime (depuis la création de la pool) sont visibles partout.

Mais si vous souhaitez avoir plus de détails, vous pouvez aller sur adapools.org.

écrit par koukarin, auteur du site 0knowledge.fr